Premier Padel 6 min

Málaga P1 : démonstration de Tapia & Coello, et une finale dames de 3h08 pour Triay & Brea

Deux finales, deux scénarios diamétralement opposés. Dimanche 19 juillet, au Palacio de los Deportes José María Martín Carpena de Málaga, Agustín Tapia et Arturo Coello ont écrasé Juan Lebrón et Leo Augsburger 6-2, 6-2. Quelques heures plus tôt, Gemma Triay et Delfina Brea avaient eu besoin de 3 heures et 8 minutes pour venir à bout de Bea González et Paula Josemaría, 7-5, 3-6, 7-6.

Une finale masculine sans discussion

Il n'y a pas grand-chose à raconter de la finale masculine, et c'est précisément l'information. Deux sets, deux fois 6-2, une heure de jeu à peine. Les numéros 1 mondiaux ont étouffé chaque montée d'Augsburger et fermé les diagonales hautes de Lebrón sans jamais donner l'impression de forcer.

Pour Lebrón et Augsburger, c'est la troisième leçon de l'année administrée par le même duo. Après leur victoire-choc de Bruxelles en avril, la paire a régulièrement retrouvé Tapia et Coello, et régulièrement pris le même mur. Le padel de très haut niveau ne pardonne pas deux fois la même faiblesse.

Trois records dans la même soirée

Le trophée de Málaga vaut surtout par les chiffres qu'il déplace. C'est le septième titre de la saison pour Tapia et Coello, et leur cinquième d'affilée : Rome, Valence, Valladolid, Bordeaux, Málaga. C'est aussi leur 27e finale Premier Padel consécutive, un record historique du circuit.

Vingt-sept tournois de suite sans manquer un dimanche de finale. Sur un calendrier qui traverse quatre continents, avec des changements de surface, d'altitude, de fuseaux horaires et des adversaires qui préparent chaque match uniquement pour eux, le chiffre est difficile à replacer dans une échelle raisonnable. Il faudrait attendre la demi-finale de Pretoria, deux semaines plus tard, pour que la série s'arrête enfin.

Le vrai match de la journée était chez les dames

La finale féminine, elle, a offert tout ce que la masculine n'a pas donné. Septième rencontre de la saison en finale entre les deux meilleures paires du monde, avec un avantage de 5-2 pour González et Josemaría dans ces duels avant Málaga. Autant dire que les numéros 1 mondiales n'arrivaient pas en favorites du face-à-face.

Premier set enlevé 7-5 par Triay et Brea, deuxième rendu 3-6, et un troisième qui part jusqu'au jeu décisif. Trois heures et huit minutes plus tard, ce sont bien les numéros 1 qui lèvent les bras, après un tie-break qui a tenu le Martín Carpena en apnée.

Pour Bea González, l'échec est double : la Malaguène jouait devant son public et ne conserve pas la couronne conquise l'année précédente. Pour Triay et Brea, c'est au contraire le retour au premier plan après plusieurs semaines difficiles, et le début d'une série : elles enchaîneraient à Pretoria la semaine suivante.

Ce que Málaga a dit de la mi-saison

Arrivé à Málaga, le circuit avait joué quatorze étapes. Le constat était double, et il n'a pas beaucoup varié depuis. Chez les hommes, la hiérarchie est verrouillée à deux : Tapia-Coello et Galán-Chingotto se partagent l'essentiel des finales, et les autres paires jouent pour les demies. Chez les dames, à l'inverse, la saison 2026 s'ouvre : Icardo et Jensen venaient de créer la sensation à Bordeaux, et Ariana Sánchez et Andrea Ustero avaient déjà deux titres.

La suite de la saison l'a confirmé : quatre paires différentes gagneraient encore un tournoi chez les femmes avant le Paris Major, contre deux seulement chez les hommes. Le padel féminin est, cette année, le tableau le plus imprévisible du circuit — et probablement le plus intéressant à regarder.

Un P1 andalou devenu incontournable

Dernier point, plus discret mais significatif : l'étape andalouse s'est imposée en quelques éditions comme l'un des rendez-vous les mieux garnis de la saison espagnole. Le Martín Carpena est une salle de basket de 11 000 places, et c'est précisément le type d'enceinte que le circuit cherche désormais : suffisamment grande pour accueillir un public de finale, suffisamment couverte pour garantir le programme quel que soit le mois de juillet andalou.

Le tournoi bénéficie aussi d'un vivier local peu commun. Bea González est malaguène, Ariana Sánchez et plusieurs joueurs du top 20 s'entraînent régulièrement dans la région, et la Costa del Sol concentre une densité de clubs que seule Madrid dépasse en Espagne. Quand un P1 se joue à domicile pour un quart du tableau, l'ambiance suit.

Prochaine étape après Málaga : Pretoria, première incursion africaine du Premier Padel, du 27 juillet au 2 août. Le calendrier complet est sur notre page tournois.