Paris Major : à deux jeux du gouffre, Tapia & Coello arrachent un quadruplé historique à Roland-Garros
Il restait deux jeux à gagner à Alejandro Galán et Federico Chingotto pour enfin soulever le trophée parisien. Ils ne les ont pas gagnés. Ce dimanche 13 septembre, sur un court Philippe-Chatrier plein, Agustín Tapia et Arturo Coello sont revenus de 2-5 dans la manche décisive pour s'imposer 6-3, 4-6, 7-6(1) et décrocher leur quatrième Paris Major consécutif. Quatre participations communes à Roland-Garros, quatre titres : la statistique commence à ressembler à une loi de la nature.
Un premier set haché de breaks
La finale démarre sans le moindre temps mort. Les numéros 1 mondiaux prennent le premier avantage à 3-2 sur le service adverse, mais Galán et Chingotto répondent dans la seconde, immédiatement, pour recoller à 3-3. Trois breaks en six jeux : sur le papier, personne ne tient son engagement. Sauf que Tapia et Coello reprennent une nouvelle fois le service de leurs rivaux à 4-3, et cette fois ils le confirment. 6-3, première manche.
C'est le schéma que l'on connaît depuis trois ans : dans les séquences où le point se joue en deux ou trois coups, les numéros 1 gagnent la course. Tapia cherche la touche courte pour forcer la montée, Coello ferme la diagonale à hauteur de filet, et le point s'arrête avant même que Chingotto ait pu installer sa défense.
Galán remet le match à zéro
Le deuxième set est une longue partie d'échecs. Aucun break avant 5-4, où Galán et Chingotto frappent enfin sur le service de Coello. Dans ce jeu-là, Galán signe une sortie de piste en revers après un par tres de Tapia, l'un de ces points que l'on rejouera en boucle toute la semaine. Le break tombe, la manche suit : 6-4, une manche partout.
Pour les Français venus en nombre, l'affiche prenait soudain une autre dimension : la neuvième confrontation entre les deux meilleures paires du monde de la saison basculait vers un troisième set, sur le plus grand court de padel jamais installé à Paris.
Le troisième set, puis le vertige
Et ce troisième set commence très mal pour les tenants du titre. Break d'entrée, 3-0 pour Chingotto et Galán. Coello réduit à 3-1, mais les seconds favoris repoussent l'échéance jusqu'à 4-1. C'est à ce moment que Galán fait intervenir le médecin pour sa main, sans qu'aucun diagnostic ne soit communiqué pendant la rencontre. Le jeu reprend, l'avance grossit : 5-2.
Le toit du Philippe-Chatrier, rouvert pour la finale masculine, laisse de nouveau le vent s'inviter dans les trajectoires. Avec les nuages qui reviennent sur Roland-Garros, le match change de nature. Tapia et Coello reprennent le service adverse pour revenir à 5-4, puis égalisent à 5-5. Galán redonne l'avantage à son duo à 6-5, avec trois remates gagnants dans le même jeu. Tapia et Coello protègent leur engagement. Tie-break.
Et là, plus rien n'a de rapport avec l'équilibre du set. Les numéros 1 prennent immédiatement le large et bouclent le jeu décisif 7-1. Sept points contre un, après une heure de bras de fer où chaque jeu s'était joué à deux ou trois échanges près. C'est toute la différence entre une paire qui a l'habitude de gagner ces finales et une paire qui les perd.
Chingotto, cinquième finale de Major sans titre
Car le chiffre le plus cruel de la soirée est pour Chingotto. L'Argentin quitte Paris avec une cinquième finale de Major consécutive sans trophée, la première remontant à 2022 avec Juan Tello. Trois mois après l'Italy Major perdu à Rome contre les mêmes adversaires, lui et Galán ont cette fois été à deux jeux du but. Les regrets seront longs.
Galán, lui, avait déjà franchi cette semaine un cap symbolique : le cap des 100 finales professionnelles à Bordeaux début juillet. Un palmarès immense, mais toujours ce plafond de verre face au duo hispano-argentin dans les rendez-vous à 2 000 points.
Paris, la forteresse
Pour Tapia et Coello, ce titre 2026 prolonge une invincibilité parisienne entamée dès leur première participation commune en 2023. Après les sacres de 2023, 2024 et 2025, ils deviennent la première paire à remporter quatre fois de suite le Major français. Interrogé par la FIP après leur troisième couronne, Coello avait résumé leur rapport aux trophées sans emphase : « Chaque titre que nous gagnons est important. » Celui-ci l'est un peu plus que les autres.
Le Chatrier était garni de visages connus, de Kyan Khojandi à Florent Manaudou, en passant par Tomer Sisley, Redouane Bougheraba, Elsa Bois et Nadir Hifi. Une finale de padel comme événement parisien : il y a cinq ans, personne n'aurait parié là-dessus.
La suite du circuit reprend dans deux semaines avec le Rotterdam P2, du 28 septembre au 4 octobre, avant Düsseldorf, Milan et le Kuwait Major fin octobre. Pour suivre la fin de saison étape par étape, direction notre calendrier des tournois.