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Bordeaux P2 : Icardo & Jensen renversent les n°1 mondiales pour un titre historique, Tapia & Coello survivent au superclásico

Bordeaux recommence. Comme si cette étape avait un talent particulier pour les scénarios que personne n'écrit, le Betclic Bordeaux Premier Padel P2 a refermé son édition 2026 sur une finale déjà gravée dans l'histoire du circuit. Dimanche 5 juillet, à la patinoire de Mériadeck, Tamara Icardo et Claudia Jensen ont renversé les numéros 1 mondiales Delfina Brea et Gemma Triay 3-6, 6-1, 6-1. Chez les hommes, Agustín Tapia et Arturo Coello ont survécu à un neuvième superclásico de la saison, 5-7, 7-6, 6-2.

La semaine qui définit une paire

On n'écrit pas mieux une semaine. Icardo et Jensen sont arrivées à Bordeaux sans le moindre titre commun, et elles repartent avec le trophée après avoir éliminé successivement les têtes de série n°4, n°2 puis n°1. Un parcours sans trou, qui explique pourquoi ce tournoi restera dans leurs deux carrières.

Têtes de série n°5, elles ont atteint la finale avec la confiance au plafond, après avoir sorti en demie Paula Josemaría et Bea González, la paire la plus titrée de la saison 2026 avec six trophées, et fraîchement championne à Valladolid la semaine précédente.

Un premier set qui remet tout le monde à sa place

Cet élan est visible dès l'entame de la finale : Icardo et Jensen ouvrent sur un 2-0 qui prend les numéros 1 de court. Mais Brea et Triay répondent avec leur autorité habituelle, enchaînent quatre jeux consécutifs et referment la manche 6-3.

Les têtes de série n°5 paient cash leurs dix-sept fautes directes du premier set. Contre les meilleures joueuses du monde, c'est un tribut beaucoup trop lourd pour espérer inquiéter qui que ce soit. À ce moment du match, la finale ressemble à un dimanche ordinaire du circuit féminin.

Le retournement, et Jensen qui prend le match en main

Puis le match change radicalement d'axe au début du deuxième set. Icardo et Jensen renversent la rencontre à 180 degrés, balayent les numéros 1 de la piste et les forcent à multiplier les erreurs.

Jensen, gauchère de 20 ans, prend le contrôle dès le premier point de la deuxième manche : elle construit les points, attaque, dirige le jeu, domine ses adversaires. S'il faut désigner la joueuse qui a le plus progressé sur le circuit ces derniers mois, c'est elle. Cinq jeux d'affilée, et un deuxième set enlevé 6-1.

La dynamique ne s'inverse plus. Avec une Brea complètement sortie du match et une Triay incapable de suivre le rythme imposé, Icardo et Jensen enchaînent cinq nouveaux jeux consécutifs pour sceller la remontée sur un autre 6-1. Deux sets identiques qui disent la même chose : la paire qui a joué son meilleur padel au moment le plus important n'était pas celle qu'on attendait.

Ce que ce titre représente pour les deux joueuses

C'est la première victoire d'Icardo et Jensen contre Brea et Triay : dans leurs quatre confrontations précédentes, les numéros 1 l'avaient toujours emporté. Première victoire, premier titre.

Pour Jensen, c'est le deuxième trophée Premier Padel, après l'Acapulco P1 2024 remporté avec Jessica Castelló. Pour Tamara Icardo, c'est le premier de sa carrière sur le circuit, après deux finales perdues (Puerto Cabello P2 en 2024, Málaga P1 en 2025) et un dernier titre qui remontait à 2021, sur le World Padel Tour. Cinq ans d'attente refermés en une heure et demie.

Chez les hommes, le superclásico n°9

La finale masculine était la neuvième confrontation de la saison entre les deux meilleures paires du monde, sur douze tournois joués, avec un face-à-face verrouillé à quatre victoires partout. Elle a tenu son rang : Alejandro Galán et Federico Chingotto prennent le premier set 7-5, avant que Tapia et Coello n'arrachent le deuxième au jeu décisif puis déroulent dans le troisième, 7-6, 6-2.

C'était la 26e finale consécutive de Coello et Tapia, leur quatrième titre d'affilée et leur sixième trophée de 2026. En demie, ils avaient écarté Paquito Navarro et Martín Di Nenno 6-3, 6-2 après un début de match accroché, tandis que « Chingalán » venait à bout de Franco Stupaczuk et Mike Yanguas sur deux manches serrées, 7-5, 7-5.

Galán, 100 finales professionnelles

Le dimanche bordelais avait aussi une dimension de palmarès : en entrant sur la piste, Alejandro Galán atteignait la barre des 100 finales professionnelles, un cap franchi par une poignée de joueurs seulement dans l'histoire du padel. Il en repartait avec une défaite, ce qui résume assez bien sa saison 2026 : une régularité extraordinaire, et un mur hispano-argentin en travers du chemin.

Bordeaux, l'étape française qui compte

Première des deux étapes françaises de la saison avant le Paris Major de septembre, Bordeaux confirme son statut de rendez-vous à part sur le circuit : une salle qui sonne, une dotation de 264 534 euros, et cette réputation de tournoi où les hiérarchies se cassent. Deux ans après, elle est intacte.

Le circuit se déplaçait ensuite vers l'Andalucía Málaga P1, mi-juillet. Tout le calendrier est sur notre page tournois.