Valladolid P2 : Coello prophète en son pays pour la troisième fois, et un record de 25 finales consécutives
Il y a des tournois qui appartiennent à un joueur. Depuis trois ans, le Valladolid P2 appartient à Arturo Coello. Dimanche 28 juin, sur la piste installée au cœur de la Plaza Mayor de sa ville natale, l'Espagnol et Agustín Tapia ont battu Alejandro Galán et Federico Chingotto 6-4, 6-3. Troisième sacre consécutif à domicile pour Coello, et surtout 25e finale Premier Padel consécutive pour la paire : un record absolu du padel professionnel.
Une finale nette, dans une semaine sans accroc
Pas de scénario renversant cette fois, et c'est presque une nouveauté dans cette série de superclásicos. Deux sets, 6-4 puis 6-3, un match maîtrisé de bout en bout par les numéros 1 mondiaux. Galán et Chingotto n'ont jamais trouvé la fenêtre qui leur avait souri à Gijón, Miami, Asunción ou Buenos Aires plus tôt dans la saison.
En demi-finale, Tapia et Coello avaient dompté Juan Lebrón et Leo Augsburger, la paire qui reste la troisième force du circuit sans jamais parvenir à franchir le dernier palier. Le tableau masculin 2026 se résume encore largement à cette hiérarchie à trois étages.
Le record : 25 finales de suite
C'est l'information qui dépasse le cadre de l'étape. En atteignant la finale de Valladolid, Tapia et Coello signaient leur 25e finale consécutive sur le circuit, un total jamais atteint par aucune paire de l'histoire du padel professionnel, hommes ou femmes.
Pour prendre la mesure du chiffre, il faut se rappeler ce que représente un calendrier Premier Padel : plus de vingt étapes réparties sur quatre continents, des surfaces indoor et outdoor, de l'altitude, des changements de balles, et un tableau où les seize meilleures paires du monde sont présentes chaque semaine. Atteindre vingt-cinq dimanches de finale d'affilée dans ces conditions, c'est ne jamais avoir de mauvaise semaine pendant plus d'un an.
La série allait se poursuivre : 26e à Bordeaux, 27e à Málaga, avant de s'arrêter enfin en demi-finale de Pretoria, fin juillet.
Coello, roi de Valladolid
La dimension locale, elle, n'est pas anecdotique. Coello est né à Valladolid, et le tournoi installe sa piste centrale sur la Plaza Mayor, au milieu de la ville. Trois éditions, trois titres : les joueurs du circuit parlent d'un avantage du terrain qui n'existe presque nulle part ailleurs au padel, où le public reste majoritairement espagnol de toute façon.
Ce troisième sacre consécutif dans sa ville confirme aussi la place particulière que tient l'étape castillane dans un calendrier où les P2 sont, par construction, les tournois les moins prestigieux. Sur le papier, un P2 rapporte 600 points au vainqueur contre 1 000 pour un P1 et 2 000 pour un Major. Dans les faits, Valladolid est l'une des semaines les plus attendues de la saison espagnole.
Chez les dames, la revanche de Rome
La finale féminine avait une histoire à régler. Paula Josemaría et Bea González retrouvaient Ariana Sánchez et Andrea Ustero, celles qui les avaient sorties trois semaines plus tôt à Rome au terme du match le plus long de l'histoire du circuit, 4 heures et 12 minutes.
La revanche a été nettement plus rapide : 6-4, 6-2 pour Josemaría et González, et un sixième titre de la saison pour la paire la plus titrée de 2026. De quoi remettre la pression sur les numéros 1 mondiales Brea et Triay, absentes de cette finale.
Une semaine plus tard, pourtant, González et Josemaría tomberaient en demi-finale à Bordeaux contre Tamara Icardo et Claudia Jensen. La preuve, s'il en fallait une, que le tableau dames 2026 ne se laisse pas résumer.
Un P2 qui pèse plus que son rang
Un détail explique en partie cette réussite : la piste centrale n'est pas installée dans une salle mais en plein centre historique, sur l'une des plus belles places d'Espagne. Le format outdoor urbain, que le circuit a testé à plusieurs reprises, fonctionne particulièrement bien ici, avec un public qui passe, s'arrête, et reste.
Pour les joueurs, la contrepartie est technique : le vent et la lumière changeante rendent le smash por tres et les sorties de piste nettement plus aléatoires qu'en indoor. Plusieurs paires du top 10 considèrent Valladolid comme l'une des semaines les plus difficiles à lire de la saison. Que Coello, qui a grandi avec ces conditions, y gagne trois fois de suite n'est peut-être pas un hasard.
Suite : Bordeaux
Le circuit quittait l'Espagne pour la France dès le lendemain, avec le Bordeaux P2 du 29 juin au 5 juillet, première des deux étapes françaises de la saison. La dotation de Valladolid s'élevait à 264 534 euros, identique à celle de Bordeaux.
Le calendrier complet de la saison est sur notre page tournois, et les fiches de tous les joueurs du circuit sur la page joueurs.